| Admirative de la langue de Guitry - vive, bavarde et luxuriante, omniprésente, qui file à toute allure, et profonde contrairement aux apparences - la jeune compagnie Piccola Familia a eu un coup de cœur pour l’acteur, l’auteur dramatique et le cinéaste Sacha Guitry et pour Toâ en particulier.
Le texte met en scène un auteur dramatique aux prises avec les personnages auxquels il prête vie et aux nombreux doubles de sa simple existence.
C’est une pièce-bilan pour Sacha Guitry qui pose sur lui-même et sur son théâtre un questionnement. Il se moque de lui-même, en même temps qu’il se défend des critiques qu’on lui fait. Car derrière l’auteur à succès appelé ”Monsieur Moâ”, il y a l’homme, il y a l’artiste. Et au final, peut-on jouer avec sa propre histoire ? Quand commence l’impudique ? Jusqu’à quel point peut-on s’utiliser ? Quelle est la limite entre la personne et le personnage ? Entre l’acteur et l’homme ? La scène peut-elle être l’endroit du privé ? Du réel ? De vérité ?
C’est dans cette direction que nous travaillons, que nous confrontons la féerie et le réel. Dans Toâ, il s’agit de poser face à face le théâtre en tant qu’art, en tant que métier et le réel… comme la confrontation de nos acteurs avec nos êtres…
L’intention
Comme pour Arlequin poli par l’amour, le choix de Toâ de Sacha Guitry est étroitement lié à un état de mon parcours, de mon chemin, c’est l’audacieuse correspondance de la pièce avec des questionnements propres, coïncidence surprenante, qui m’a poussé vers elle… Ce n’est pas un choix, c’est une évidence. Et pourtant, Sacha Guitry était un inconnu pour moi : jamais lu de pièces, jamais vu de films, je fais partie de cette génération pour qui Guitry est une vague (et fausse) idée de théâtre de boulevard avec des portes qui claquent, des amants et des maîtresses frivoles… et j’avoue sans gloire mon désintérêt passé pour cet auteur, surtout dû, comme souvent, à mon ignorance qui amène avec elle son lot
d’a priori.
Pourtant en février 2007, la curiosité m'a poussé à lire… pour savoir. Et ce fut une rencontre surprenante. Avec une forme, une langue, avec une pensée, avec une pièce, avec une époque, avec l’homme.
La langue de Sacha Guitry est une langue du trop, de l’excès, jonchée d’une multitude de signes derrière laquelle apparaît une extrême connaissance du plateau : c’est un acteur qui écrit. C’est un auteur qui pratique le plateau et qui manie avec virtuosité les rythmes, les ruptures… le dialogue.
Thomas Jolly
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Sois de ton temps, jeune homme, car on n’est pas de tous les temps si l’on n’a pas d’abord été de son époque.
Sacha Guitry
Toutes réflexions faites
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La Piccola Familia
Neufchâtel en Bray
mise en scène
Thomas Jolly
avec
Alexandre Dain
Flora Diguet
Emeline Frémont
Thomas Jolly
Julie Lerat-Gersant
Charline Porrone
son
Clément Mirguet
régie générale
Dimitri Braconnier
réalisations techniques
Le Trident SN de Cherbourg-Octeville
coproduction
les producteurs associés
de Basse-Normandie
Le Préau CDR de Vire
La Comédie de Caen CDN
de Normandie
Le Trident SN de Cherbourg-Octeville
Le Rayon Vert SC
de St-Valéry-en-Caux
aide
ODIA Normandie
École du Théâtre National
de Bretagne
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