Quand je suis née, mon grand frère et ma grande sœur étaient morts. J’étais la troisième, je suis devenue la première.
Quand je suis née, c’était la nuit. Ma mère était couchée sur une porte tenue par quatre paysans, qui couraient dans la montagne.
Quand je suis née, seulement deux étoiles brillaient. Ma mère m’a appelée Xing xing, ce qui veut dire Étoile étoile.
Trois jours après, elle m’a mise dans un petit panier sur un cheval pour rejoindre mon père. Le cheval a traversé onze provinces pendant cinquante jours.
La première fois que mon père m’a vue, c’était aussi la nuit.
Xing xing Cheng
Seule en scène, un peu à la façon de Philippe Caubère, Xing xing interprète tous les personnages de sa vie. C’est alors l’histoire contemporaine de la Chine qui défile sous nos yeux. Le roman vrai de sa propre vie : ses études - bouleversées par la révolution culturelle- le culte du Président Mao, ses années de comédienne et d’auteur dramatique dans la troupe de propagande pour le régime, puis au Théâtre Central de Pékin, son mariage arrangé puis dénoué sous influence politique, son combat d’auteur contre la censure, enfin l’arrivée à Paris au pays de Molière.
Le spectacle est une chronologie de trois époques : Rêve rouge est celle de la révolution culturelle et de l’idéal maoïste, Rêve doré est l’ouverture de la Chine à l’Occident et à l’économie de marché, enfin Rêve bleu est la vie de Xing xing entre la France et la Chine.
Émouvante de naïveté, de combativité, de drôlerie, d’une irrésistible fantaisie, Xing xing nous livre à la fois un récit épique, un témoignage historique et sa quête artistique, traversant avec humour et dérision, sans révolte aucune, si ce n’est sa rage au ventre, la tragédie des temps modernes.
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