Henri Michaux fait partie des poètes qui nous accompagnent depuis longtemps en secret de présence diffuse.
Son œuvre est double : poétique et plastique. Elle tente, à travers ces deux mouvements qui se complètent et qui sont inséparables, une périlleuse traversée de ce qu’il appelle l’espace du dedans.
Il nous parle de l’être, et donc de nous-mêmes, comme d’un territoire à explorer, d’un paysage dont l’apparente stabilité dissimule de minuscules ou spectaculaires événements.
Nous nous concentrons sur les précipités poétiques de l’ouvrage MOUVEMENTS. Ceux-ci déclenchent en nous des visions/perceptions/sensations propices à faire surgir des états de corps où il sera question de perte de repères, de perte d’appuis, d’empêchements, de contraintes, d’astreintes, pour provoquer la danse par la nécessité de se libérer, de se débarrasser, de s’arracher, de s’extirper, de s’échapper…
Une danse éruptive, impulsive, explosive, implosive. Une danse des déflagrations en tous sens où le mouvement sera pris dans la vitesse du surgissement, les élans spasmodiques, les rétentions de la confidence, l’intensité des variations contradictoires…
Une danse chargée d’une énergie tantôt pulsionnelle, tantôt pensive, brute, rebelle, en prise avec les flux de la vie tels qu’ils traversent les corps ouverts aux désirs de reculer les limites afin d’aller plus loin, toujours plus loin pour se parcourir…
HÉLA FATTOUMI ET ÉRIC LAMOUREUX
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